Les gravures anciennes demandent un traitement particulier. Ces eaux-fortes, burins, lithographies et autres estampes sont des oeuvres délicates qui ont traversé les siècles. Un encadrement adapté doit les protéger pour les siècles à venir tout en les mettant en valeur.
Ce qui rend les gravures particulières
Une gravure n’est pas une simple image imprimée. C’est une impression réalisée à partir d’une matrice que l’artiste a travaillée. Cette technique laisse des traces caractéristiques qu’il faut respecter.
La cuvette, cette légère dépression dans le papier laissée par les bords de la plaque de cuivre, témoigne de l’authenticité de la gravure. Elle ne doit jamais être coupée ou masquée.
Les marges du papier portent souvent des informations précieuses, le titre, le nom de l’artiste, le numéro du tirage. Elles font partie intégrante de l’oeuvre.
Des matériaux obligatoirement de conservation
Pour une gravure ancienne, pas de compromis sur les matériaux. Le carton de fond et la marie-louise doivent être sans acide. Les cartons ordinaires libèrent des acides qui attaquent le papier ancien et provoquent des taches irréversibles.
Les adhésifs doivent être réversibles. On utilise traditionnellement des charnières en papier japon fixées avec de la colle d’amidon. Ça tient parfaitement et ça peut être retiré sans dommage si on veut désencadrer l’oeuvre un jour.
Le verre doit filtrer les UV pour protéger l’encre de la décoloration. Les gravures anciennes ont souvent des encres fragiles qui passeraient vite à la lumière.
Comment fixer la gravure
Une règle absolue: ne jamais coller une gravure ancienne directement sur un support. Pas de ruban adhésif au contact de l’oeuvre, jamais.
On utilise des charnières, de petites bandes de papier japon collées sur le dos de la gravure, en haut uniquement. L’oeuvre pend librement et peut bouger légèrement avec les variations d’humidité. C’est important parce qu’un montage trop serré provoquerait des gondolements ou des déchirures.
La marie-louise
Pour les gravures anciennes, on prévoit des marges généreuses, 8 à 12 cm selon les cas. Ça permet de laisser visibles les marges du papier et la cuvette, et de donner à l’oeuvre l’espace qu’elle mérite.
La couleur reste neutre, blanc cassé ou ivoire le plus souvent. Les couleurs vives feraient concurrence à l’oeuvre. L’ouverture est généralement coupée en biseau à 45 degrés, ce qui crée une transition élégante.
Le choix du cadre
Le cadre doit s’accorder avec l’époque de la gravure. Pour les estampes du XVIIe au XIXe siècle, un cadre en bois mouluré, éventuellement doré ou patiné, convient naturellement. Pour les gravures plus récentes, on peut aller vers quelque chose de plus sobre.
Dans tous les cas, le cadre doit accompagner l’oeuvre sans l’écraser. Une gravure délicate n’a pas besoin d’un cadre massif.
La fermeture du dos
L’arrière de l’encadrement est fermé par un carton ou un panneau qui protège l’oeuvre. Un joint adhésif assure l’étanchéité et empêche l’infiltration de poussière et d’insectes.
On colle aussi des petites pastilles de feutre aux angles pour que le cadre ne soit pas plaqué contre le mur. L’air doit pouvoir circuler derrière.
L’importance du professionnel
Une gravure ancienne de valeur ne s’encadre pas avec des matériaux du commerce et des techniques approximatives. Les erreurs peuvent être irréversibles. Un adhésif inadapté peut tacher le papier de façon permanente. Un montage trop serré peut déformer l’oeuvre.
Dans notre galerie, nous manipulons régulièrement des gravures anciennes et fragiles. On sait ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut surtout pas faire. Apportez-nous votre estampe, on s’en occupera avec le soin qu’elle mérite.