Vous avez des tableaux, des gravures, des photos anciennes ? Leur conservation dépend beaucoup des conditions dans lesquelles vous les gardez. La lumière, l’humidité, la température, les polluants peuvent les abîmer sans que vous vous en rendiez compte. Voici ce qu’il faut savoir pour les préserver.
La lumière décolore
C’est le facteur de dégradation numéro un pour tout ce qui est sur papier ou tissu. Les ultraviolets et la lumière visible font passer les couleurs, jaunir le papier, fragiliser les fibres. Et c’est irréversible.
Évitez d’accrocher vos oeuvres face à une fenêtre ensoleillée. Préférez les murs qui ne reçoivent pas de lumière directe. Si vous n’avez pas le choix, utilisez un verre filtrant les UV, ça limite les dégâts.
Même la lumière artificielle pose problème si elle est trop intense ou trop proche. Les spots halogènes en particulier émettent beaucoup de chaleur et d’UV.
L’humidité et ses variations
Le papier est hygroscopique, il absorbe et relâche l’humidité de l’air. Quand l’air est trop humide, le papier gondole, les moisissures se développent, les encres peuvent baver. Quand l’air est trop sec, le papier devient cassant, craquelle, les peintures s’écaillent.
L’idéal se situe entre 45 et 55% d’humidité relative. Mais le pire, ce sont les variations brutales. Un papier qui passe régulièrement de l’humide au sec finit par se fatiguer, comme un matériau qu’on plie et déplie sans cesse.
En hiver, le chauffage assèche l’air. Un humidificateur peut aider. En été, la clim crée parfois des chocs thermiques. Évitez de placer des oeuvres juste sous une bouche de climatisation.
Et surtout, ne stockez jamais rien dans une cave humide ou un grenier non isolé. Les conditions y sont catastrophiques.
La température
Restez entre 18 et 22 degrés dans l’idéal. Les températures élevées accélèrent les réactions chimiques de dégradation. Elles favorisent aussi le développement des insectes.
N’accrochez pas de tableaux au-dessus d’un radiateur ou d’une cheminée. La chaleur monte et attaque directement l’oeuvre.
La poussière et les polluants
La poussière se dépose partout, lentement. Elle s’incruste dans les fibres du papier et les interstices des peintures. Avec l’humidité, elle peut créer des taches.
La fumée de cigarette est particulièrement nocive. Elle dépose un film gras et acide sur toutes les surfaces. Si vous fumez, évitez de le faire dans les pièces où sont accrochées vos oeuvres.
Un encadrement sous verre protège bien contre ces agressions quotidiennes. C’est une raison de plus de bien encadrer ce qui compte pour vous.
Les insectes
Plusieurs espèces s’attaquent aux oeuvres d’art. Les vrillettes font des petits trous dans le bois des cadres. Les poissons d’argent grignotent le papier et les colles. Les mites s’en prennent aux textiles.
Inspectez régulièrement vos cadres. Des petits trous avec de la sciure fine, c’est mauvais signe. Si vous repérez une infestation, isolez l’oeuvre concernée et consultez un spécialiste rapidement.
La manipulation
Les traces de doigts sont acides. Ne touchez jamais la surface d’une oeuvre sur papier à mains nues. Si vous devez manipuler des estampes ou des photos anciennes, mettez des gants en coton.
Pour déplacer un cadre, tenez-le par les côtés, pas par le haut. Et lors d’un déménagement, protégez bien les oeuvres avec des couvertures et transportez-les debout.
Le stockage
Les oeuvres que vous n’exposez pas méritent aussi de l’attention. Les papiers non encadrés doivent être conservés à plat, dans des pochettes en papier sans acide. Les toiles se stockent debout, légèrement inclinées, avec des protections entre chaque.
Évitez les empilements qui écrasent les oeuvres du dessous. Et vérifiez régulièrement l’état de ce qui est stocké.
Quand consulter un professionnel
Des taches qui apparaissent, des moisissures, une déchirure, une peinture qui s’écaille. N’essayez pas de réparer vous-même, vous risquez d’aggraver les choses. Contactez-nous, on peut vous orienter vers les bons spécialistes.